Bouquins de pédés
rakanishu | 11 octobre 2005Voici des livres que je n’aurais probablement jamais connu si je ne m’étais pas intéressé un tant soit peu à la culture gay. On en entend jamais parler, pis d’un coup on zyeute un site, un forum, et PAN, on apprend que “Les Chroniques de San Francisco” (par exemple) est un bouquin incontournable. Voilà. En 30 secondes, un livre qui m’est totalement inconnu devient le plus grand livre de le monde. Ma curiosité étant fortement titillée, je me suis mis à chercher le bouquin (pis autant les gays ont des goûts de merde en matière de musique - quoique y’a du Sigur Ros là dedans aussi, mais je crois que c’est surtout à cause d’un de leurs clips - autant en matière de livre ça semble se tenir).
Pourtant, faut chercher les trucs vraiment gay là dedans … Ah si, y’a éventuellement quelques personnages gay. Youpi. Enfin, l’auteur est ptêt gay, ce qui expliquerait pourquoi ces bouquins serait classé dans cette catégorie là. Ou alors c’est juste une coincidence, que je découvre ces bouquins par ce biais là. Enfin bon.
Les Chroniques de San Francisco - Tome 1, Armistead Maupin
Les Chroniques de San Francisco, c’est l’histoire de … Nan impossible. C’est pas linéaire, ça part dans tous les sens, tout le monde et personne à la fois est le personnage principal. Mais on un “noyau” central, du moins au tout début du bouquin : le personnage de Mary Ann, jeune fille qui décide de vivre d’un coup à San Francisco. Le bouquin s’ouvre sur la conversation téléphonique qu’elle a avec sa bavarde de mère à ce sujet là, le truc hilarant et très réaliste (vous savez, quand votre mère essaie de finir les phrases à votre place et pose pleins de questions alors que vous essayez de dire quelque chose).
A partir de là, toute personne qu’elle va rencontrer va avoir son ou ses petit(s) chapitre(s) dédiés, que ce soit sa colocataire, Anna Madrigal sa très mystérieuse logeuse qui semble cacher plein de secrets, son patron, … Bref toute personne faisant plus ou moins partie de son quotidien va apparaître plusieurs fois dans le roman et prendre de l’importance.
Et heu … De fil en aiguille, de personnage en personnage, pleins de petites histoires de fou se créent, les gens s’y entrecroisent sans se connaître (leur seul lien étant May Ann, mais ils sont pas censés le savoir), et toutes les deux pages on a droit à des sortes de révélations, vu que forcément un perso en rencontre un autre, mais ça nous est dévoilé qu’à la dernière ligne. J’veux pas balancer les noms, mais j’ai bien aimé le coup de l’ex de Michael (un momosessuel) qui va dans un sauna baiser un coup, rencontre un mec sympa, discute avec lui, et … se révèle être un des personnages (un homme marié) qu’on suit depuis le début du roman pratiquement. Ou Brian, un voisin de Mary Ann, qui va draguer de la nana à la laverie, et va se retrouver à draguer forcément une ancienne amie à elle du lycée, qu’on a vu au début du bouquin #@!
Enfin c’est sans arrêt comme ça, j’adore.
Culture rock, cinéma, homosexualité, histoires d’amour tordues et / ou tendres, dialogues savoureux et souvent hilarants, pédophilie, mort … Les Chroniques de San Francisco c’est tout ça, et j’en suis encore qu’au premier tome (chic, y’en a 5 en tout !)
Les grands singes, Will Self
On suit Simon Dykes, un artiste qui, à la suite d’une soirée de débauche en tout genre (coke, alcool, et sexe à tout va avec sa partenaire à la fin), se réveille métarmorphosé en singe. Lui, ainsi que le reste du monde environnant. Au début paniqué, des singes en blouse blanche vont vite l’emmener à l’hôpital psychiatrique le plus proche, où Zack Busner, éminent psychologue va s’occuper de lui. Chacun va apprendre du monde de l’autre : l’un comment fonctionnent les humains, l’autre à se faire à sa “chimpanité”.
Malgré un début laborieux, j’ai finalement beaucoup apprécié ce bouquin. Ouais car le début, dans le monde “humain”, c’est “Je baise et me drogue à tout va, entre deux réflexions sur l’art”. Fear quoi. Note, vu la tournure des bouquins, c’est ptêt fait exprès, car les humains vont s’en prendre plein la gueule. Par contre, une fois dans le monde des singes, dépaysement, humour et cynisme garanti. Pour faire une comparaison vaseuse, je dirais que c’est les “Fourmis” de Werber, en plus trash et drôle (niveau connaissance sur les animaux, je sais pas si il a fait des recherches et si tout est véridique par contre).
J’ai beaucoup apprécié la transposition intelligente et pas con du monde singe > humain. Les singes ont gardé certaines habitudes de singe (montrer le troufion à son supérieur hiérarchique, se gratouiller sans arrêt les uns les autres, les très nombreuses saillies, marchent à 4 pattes et prennent des raccourcis en grimpant sur les immeubles …) dans une société où on utilise malgré tout des voitures (avec une vingtaine de vitesses en tout), où le racisme est aussi présent (via les bonobos, ce qui équivaut aux “noirs” chez nous), où les Camel s’appellent des Briscal ou un truc dans le genre (l’explication est donnée dans le bouquin), les immeubles sont les mêmes que dans le monde humain mais à une moindre échelle, où les singes s’habillent, mais au dessus de la ceinture seulement, car il faut qu’on puisse voir son troufion et qu’on se tripote les testicules l’un l’autre de temps en temps … Enfin c’est vraiment un monde pensé et habité par les singes, j’ai beaucoup aimé tous ces petits détails qui le rendent vrai.
Ensuite, et je sais pas si ça vient de moi ou si c’est une volonté de l’auteur, mais en même temps que Simon acceptait sa condition de singe (faut le voir déchainé au début du bouquin, comment il les hait !), j’ai fini par ne plus m’imaginer les personnages comme des humains. Car en lisant le bouquin, au début, j’avais du mal à m’imaginer Zack Busner comme un singe, il restait pour moi un humain, malgré les dialogues singiques et le vocabulaire approprié. Puis, au fur et à mesure, je ne m’imagineais plus un mec à lunettes, mais bel et bien un singe, avec son ptit museau tichoux et ses pwals. Et ça c’est très fort ^^ (mais je sais pas si c’était voulu).






Cyrille
11 octobre 2005Pas sympa la comparaison avec Werber pour ton second bouquin
Quant aux chroniques de San Francisco, les réduire à de “la littérature gay”, c’est bon pour la Fnac Saint Lazare. D’ailleurs, il me semble que Mickael n’est pas “l’homo du bouquin” mais un personnage du livre…
Cyrille
11 octobre 2005Au fait, pourquoi le truc sur les singes est un “bouquin de pédés” ?
Matoo
12 octobre 2005J’espère que ce n’est pas parce que j’en parle. lol. Parce que moi je me demande ce que ça a de gay… à cause de Will Self et de ses autres romans ?
freak
12 octobre 2005Réjouis toi! Les chroniques de san franisco il y en a 6 tomes, pas 5! Et puis les trois premier ont été adapté en série.(en tout 16 épisodes de 50 minutes)
Rakanishu
12 octobre 2005Cyrille > Comme expliqué, c’est des bouquins (notamment le San Francisco) que je n’ai connu qu’en parlant à des gays. Et là c’était sacrilège : “QUOI ? TU CONNAIS PAS LES CHRONIQUES DE SAN FRANCISCO ??”, genre LE bouquin inratable si t’es gay. C’est pour ça que j’en parle comme ça, mais je dis bien qu’en fait ils ont rien de spécifiquement gay (d’facons un bouquin gay, c’est quoi? :/ )
Pour le Will Self par contre, c’est apparemment plus une coincidence. Je l’ai découvert via le Matoo (une pédale, donc), et en ai parlé avec 2-3 autres gays qui connaissaient très bien le bouquin. Du côté des hétéros, même ceux qui savent lire, néant total, alors j’y suis arrivé à la même conclusion que pour Les Chroniques de SF.
Mais c’est un raccourci facile et volontaire, pas une envie de les cataloguer
Juste que sans Matoo ou le freak, j’aurais pas connu ces bouquins, et youpi quoi.
Rakanishu
12 octobre 2005HAHA et merde, j’ai parlé de Michael comme l’homo du bouquin, alors qu’ils sont plusieurs (ils sont partout !) Je m’étais dit de parler de PLUSIEURS personnages gays quand je voulais écrire le post, et finalement j’ai fait le contraire. Groumpf. Je change cette portion du texte
aalleexxx
12 octobre 2005Je pense que ce genre d’histoire plait aux gays sans forcément que ce soit un livre SUR les gays!
anorak
12 octobre 2005BOn, les chroniques de SF, c’est quand même réservé au PD bas de gamme qui a adoré l’alchimiste et qui connaît bien ses Harry Potter, Maupin a écrit des trucs un peu moins love valour compassion, essaie Maybe the Moon. Quant à Will Self, je ne connais que son Dorian Gray et je le trouve très bon… De bien, y’a pas grand chose, souvent ça se résume à de la nombrilitude : deux valeurs sûres : Tricks de Renaud Camus et n’importe quoi de Guibert. Fuis Guillaume Dustan , de toute façon, il vient de mourir.
Lucile
12 octobre 2005“Je pense que ce genre d’histoire plait aux gays sans forcément que ce soit un livre SUR les gays!”
Ni pour les gays.
En fait ça m’a fait un peu peur de lire “livre de gay”, “culture gay”, de même quand je lis “culture populaire”, ou autres expressions singnifiant une division et une dicrimination dans la culture. Je ne souhaite pas vivre dans un tiroir.
Bien entendu, le monde de l’édition, de la production (de films ou autres), qui n’est pas un monde de culture mais avant tout un monde d’argent et de commerce, (sauf rares expressions), vit en partie sur les mouvements identitaires de toutes sortes (orientation sexuelle, mode de vie, origine, langue), qui sont tellement multiples que c’est, il me semble, une des caractéristiques de notre époque. (Au fait, les pubs pour les dvds de L World m’ont fait hurler de rire tellement le procédé est pathétique) Bref c’est dans l’air du temps et c’est lucratif. Reste à savoir si c’est également culturel. Et tout dépend de ce qu’on tient pour culturel, focrément.
C’est très délicat ce problème, cette association d’adjectifs au mot “culture”. Ca recouvre des enjeux assez graves. Ca révèle, d’autres fois ça produit une discrimination dans notre société entière. On ne devrait pas faire en sorte que notre culture personnelle s’arrête à ce que l’on est. Ce serait tout le contraire d’une éducation, au sens étymologique du terme. (C’est à dire : pas celle des perspectives de notre Education Nationale, hinhinhin)
Falstaff
12 octobre 2005“Au fait, pourquoi le truc sur les singes est un “bouquin de pédés” ?”
parce que c’est des bonobos. ou parce que les gays sont aussi zoophiles.
“ça m’a fait un peu peur de lire “livre de gay”, “culture gay”, de même quand je lis “culture populaire”, ou autres expressions singnifiant une division et une dicrimination dans la culture”
et tout logé à la même enseigne c’est forcément mieux? personne ne t’oblige de te cantonner à un genre que j’sache… mais c’est pas pour ça qu’ils n’existent pas.
en plus, les gays, c’est tous des pédés.
Falstaff
12 octobre 2005ne t’oblige à te cantonner ?
Rakanishu
12 octobre 2005Alex > Mais POURQUOI aux gays plus particulièrement ? C’est ça qui est bizarre. Tout catégoriser, c’est énervant. Limite je verrais bien des gens en parlant de ce bouquin “t’aimeras pas, c’est un bouquin de pédé”. Enfin c’est n’imp quoi
Falstaff > Je plussoies “à te cantonner”.
Wak
13 octobre 2005Pour ce que j’ai ecoute de Sigur Ros, c’est quand meme bien cool
Rakanishu
13 octobre 2005J’ai dit justement que j’aimais Sigur Ros
N’empêche si t’aimes, fait gaffe, je vais te faire écouter du prog ^^
Johaaann
14 octobre 2005Ouais faut arrêter de donner de cataloguer… D’abord, maintenant, ne parlons plus de livres, dvd, chasses à courres ou autre! Chaque loisir se vaut. Arrêtons de parler de menteur, pédophile, voleur, politique: chaque criminel se vaut. Cessons aussi de différencier les sexes, les couleurs de peau, les sexualités… Nous sommes tous des humains, les enfants aussi… Cassons les barrières de la catégorisation! Le blog est une forme de culture valant Zola… Les étiquettes sont là pour les gens qui ne savent pas apprécier un contenu à leur juste valeur… C’était écrit dans science et vie ou Entrevue, je sais pu! mais bon, ça se vaut…
Sinan, les chroniques de SF, c’est un peu de la merde avec des ficelles aussi grosses que Losrt ! Genre tout est lié quoi.
Et pour les singes, ben, je connais pas mais ça m’a l’air… comment dire… assz classique,nan? Malgré le fait que le noir est remplacé par un blanc et que le singe prend la place de l’homme blanc. Genre tel est pris qui croyait prendre, hallelujah et tout ça.
Cyrille
14 octobre 2005Cataloguer et avoir uen échelle de valeur, ça n’a rien à voir. Mais bon, pour comprendre ce genre de nuance, faut juste un peu réflechir quoi…
>anorak : je t’assure, on peut aimer les chroniques de SF et vomir sur Cohelo. mêm s’il est vrai que Maupin a écrit autre chose (Maybe the Moon, mais surtout Une voix dans la nuit)
>Lucile, je suis bien d’accord avec toi quand tu dis qu’au fond, le cataloguage importe peu si on n’enferme pas les gens dans des tiroirs. Mais malheureusement, c’est souvent le cas. Le communautarisme, quel qu’il soit, est une plaie.
Rakanishu
14 octobre 2005Et Lost, c’est chiant. Pas les Chroniques (ça se permet même d’être drôle \o/ )
Sinon le bouquin sur les singes est classique dans le sens où c’est un de ces auteurs tels que Ellis, Poppy Z Brite … Enfin ça s’en rapproche. Genre “ouais j’ai une méga culture, je l’insère dans pleisn de références de sexe et de moments trash, et ça sort un bouquin génial”. Pour certains cas, j’aime
Et ces bouquins là, je pense pas que “classique” est le mot à leur accoler pour l’instant.
Lucile ni homme ni femme
18 octobre 2005Entre ne pas cataloguer et “tout logé à la même enseigne”(dixit Falstaff )(mais avec un infinitif, je vous prie), il y a une autre façon de procéder qui est : trouver pour chaque chose sa valeur propre. Donc, non, tout ne se vaut pas.
Johaaann je te trouve vraiment stupide. Il y a trop de courts-circuits quand tu essayes de réfléchir.
Ah juste une chose : la différenciation des sexes. Si tu essayais de l’expliquer, que je rigole ?
Falstaff
22 octobre 2005han y en a qui rajoutent des com’ après la fin du match…
“et [que] tout [soit] logé à la même enseigne c’est forcément mieux?” eh ouais, la langue française est pleine de possibilités. “Tout mis n’importe comment” c’est différent de “tout mettre n’importe comment”…
sinon, pour le “trouver pour chaque chose une valeur propre”, ouais c’est bien… casimir, gloubiboulga, peace in the world, non aux ogm, vive les bisounours. ça tue comme programme.
Falstaff
22 octobre 2005fait chier le wiki…
mdr
Rakanishu
22 octobre 2005T’avais qu’à y penser avant ^^
C’est changé
Misterbook
31 octobre 2005Oula je l’ai lu bien avant d’être bi et Dieu si c’est loin d’être un roman gay ! Comme le dit un des commentateurs plus haut, c’est un truc de la FNAC, histoire de catégoriser un peu plus les gens. C’est sûr un gay lit que des trucs gay ! Bref… A noter qu’il existe tout de même une littérature (débile, oups pardon ça m’a échappé) avec des héros gay, des histoires gay, de l’amour gay… etc, pourquoi pas des cimétières gay pendant qu’on y est ? Je suis tombé sur un livre d’héroic-fantasy gay l’autre jour ! Et oui ça existe ! J’ai pas lu mais j’essaierai une fois…
Vampyr
17 avril 2006Il y a pas mal de bouquins sur l’homosexualité !
Le garçon près de la rivière, de Gore Vidal. Cité de la nuit, de John Rechy.
Ca ce sont les deux que j’ai préférés, mais je pense qu’on peut se constituer facilement une bibliothèque “gay” de 100 références !