Repas d’anciens et déphasage
rakanishu | 31 décembre 2008Facebook ça sert à rien. Et dans ce rien, ça sert à reprendre contact avec des gens qu’on a perdu de vue depuis le lycée. Sauf qu’en général, si on les a perdu de vue c’est en partie parce qu’on a pas trouvé nécessaire de garder leurs coordonnées. Et voilà que se forment des repas entre anciens, pour se remémorer la belle époque, comment c’était trop lolant et tout. Idée louable sur le papier quand on se souvient effectivement avoir vécu de bons moments avec ces personnes au lycée.
Mon probème c’est qu’en fait au lycée, les relations avec les gens de ma classe se limitaient la plupart du temps au strict minimum. Franche camaraderie, mais ça n’allait pas plus loin. J’ai par contre noué de plus grosses amitiés avec les lycéens plus jeunes que moi dans d’autres classes (même si eux non plus j’les revois plus). J’étais le mec dont on se moquait pas mal, des fois à juste titre, et doué en informatique ; enfin je pense qu’on me percevait comme ça.
Du coup quand un repas entre gens de cette période se prépare, on hésite. Mais finalement je me suis dit « orf, ça arrive qu’une fois, tentons » mais mes appréhensions se sont révélées vraies finalement (même si c’était pas les mêmes : je pensais qu’on aurait pas grand chose à se dire en fait).
Je me suis senti déphasé, un peu sur un autre plan / une autre dimension pendant toute la soirée. Bon, j’ai toujours mon problème de tympan percé qui m’empêche de me concentrer pleinement sur les discussions alentours sans avoir un mal de crâne intense pour ne comprendre que des bribes de dialogue, mais quand même, je ne pense pas que ce soit le seul problème de ce soir là.
Dans ma vie actuelle, je m’entends bien avec des gens plus jeunes que moi en règle générale (il y a des exceptions : ma classe légendaire a charmé la plupart de mes collègues à mon ancien boulot, qui avaient pourtant dépassés la trentaine voire la quarantaine) et / ou ayant un grain de folie. Et lors de ce repas, la plupart des personnes avec qui j’ai discuté m’ont paru bien pâlot à côté de toutes les connaissances que j’ai pu faire depuis le lycée. Entre les mecs encore étudiants racontant comment ils passent leur temps à être bourrés, ceux en ménage voire avec enfants ou tout bêtement ceux avec une situation stable, je me sentais déphasé, pas du tout dans mon élément.
J’ai passé ma soirée à discuter, papoter, rigoler quand je le pouvais (saleté de tympan percé #@!) tout en me disant intérieurement « Je ne suis pas de leur monde » et pensant que eux devaient me trouver bien chiant ou bizarre.
En fait rien n’a changé. J’ai encore entretenu des relations de franche camaraderie, dans une ambiance somme toute assez hypocrite. Quand je suis rentré chez moi, j’étais un poil morose et me sentais limite anormal. En tout cas j’étais pas au top de ma forme.
Il est marrant de constater qu’entre pédé et geek, la fois où je me sens le plus « rejeté » / mis à l’écart est finalement à cause de mon côté geek, de ma vie qui n’était commune à personne présent ce soir là. Moi qui la croyait normale.
Enfin bon, je suis content, ça me permet de me rendre compte que je suis maintenant entouré de vrais amis, du genre qui te disent quand ça va pas ou quand quelque chose dérange, quitte à te blesser, au lieu de faire semblant de t’apprécier simplement parce que tu es doué en informatique.






