La Moustache
rakanishu | 5 août 2007J’ai une rubrique lecturage sur ce blog, il faut la dépoussiérer un peu de temps en temps !
Il est vrai que je lis de moins en moins, et les rares livres que je lis j’en parle pas sur le blog. En même temps récemment ça a été les bouquins sur Resident Evil, donc pas grand chose à dire dessus, et Dexter (suite à la claque éprouvée lors du visionnage de la série), qui est foutrement nul en bouquin si on a encore la série en tête (des personnages secondaires aussi lisses qu’un miroir notamment). Ou Un Long Dimanche de Fiançailles, qui m’a assez ennuyé.
Finalement, le seul dont j’aurais du faire une critique aurait du être Berceuse de Chuck Palahniuk, tuerie d’humour noir à l’histoire excellente et bien trouvée, même si je crois me souvenir que ça s’essouflait dans sa seconde partie.
Bref me voilà avec un autre bouquin que je n’ai pas lu en 6 mois cette fois-ci, mais bel et bien en 3 jours Oo. Epatonnant de ma part. En même temps il est minuscule ^^. C’est La moustache de Emmanuel Carrère.
Intrigué à l’époque de la sortie du film par l’histoire, j’ai trouvé le bouquin en me baladant au Virgin et ai décidé de le prendre.
"Qu’est-ce que tu dirais si je me rasais la moustache ?" demande Marc à Agnès. "Je ne sais pas. Je t’aime avec mais je t’ai jamais connu sans." Elle sort un moment faire des courses, le laissant devant le miroir de la salle de bain. Et il le fait. Comme ça : par jeu, pour voir la tête qu’elle fera, pour changer un petit quelque chose dans leur vie heureuse et sans histoire. Elle rentre et ne fait aucune remarque. Le plus drôle, c’est qu’elle a vraiment l’air de ne rien remarquer. Les autres non plus.
Comment faire un livre de 200 pages tournant autour de personnes ne remarquant pas qu’un mec s’est rasé la moustache ? C’est là où j’ai été happé. Aucun indice n’est donné, on est juste dans la tête de Marc, qui ne comprend pas ce qui lui arrive, pensant à une blague rigolote au départ, puis de mauvais goût, puis à un complot, puis …
Les 120 premières pages sont exceptionnelles de ce point de vue là. On assiste à la lente descente dans la folie de ce personnage. Ou dans la non-descente dans la folie, après tout on en sait rien, il y a peut-être vraiment un complot. Toutes ses pensées, tous ces doutes nous sont décrits, et un véritable malaise s’installe au fil des pages.
Par contre après ces 120 pages, c’est la débandade, Marc débarque à Hong-Kong, et on se retrouve avec un guide touristique, à 2-3 détails près, et traversé de moments chiants. 50 pages éprouvantes à lire après les 120 premières, au style fluide et aux évènements ne s’arrêtant jamais.
Et soudainement, c’est la fin. Un peu bourrine, mais ça reste dans l’esprit du bouquin finalement. Et le malaise revient en un instant, bonjour la situation glauque. On aurait aimé en savoir un peu plus sur toute cette histoire, on ne devra se contenter que de quelques pistes que notre cerveau aura trouvé de lui-même. Tant pis, la frustration n’est pas trop présente, car malgré quelques pages plates, on a passé un très agréable moment. Et il m’est rarement arrivé de fermer un livre les yeux exorbités comme ça. Bon souvenir.





